Indemnisation d'un vol en Afrique : vos droits, les montants et les frais

CE 261, UEMOA, Ghana, Nigeria, Montréal, Varsovie : forfait ou préjudice prouvé selon le pays de départ, et ce qu'il reste après les frais de procédure.

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Selon la zone, l'indemnisation d'un vol retardé ou annulé en Afrique prend la forme d'un montant fixé d'avance (forfait) ou du seul remboursement des pertes prouvées. Le texte qui fixe vos droits de passager dépend du lieu de départ et, parfois, de la compagnie. Cet article compare les régimes qui concernent les trajets entre l'Afrique et l'Europe, puis calcule ce qu'il reste réellement dans la poche du passager une fois la procédure terminée.

Infographie : pour un vol au départ d'Afrique, le droit applicable selon le pays de départ (CE 261, UEMOA, Ghana et Nigeria, Montréal et Varsovie), les montants possibles et ce qu'il reste d'une indemnité de 600 € seul, en amiable ou au tribunal

Trois exemples concrets

  • Paris-Dakar, compagnie européenne, 4 h 30 de retard à l'arrivée : le CE 261 peut ouvrir 600 €. Avec 3 h 30 de retard, le montant est en principe réduit de moitié, soit 300 € (réduction de 50 % admise par la Cour de justice de l'UE, arrêt Nelson et TUI Travel du 23 octobre 2012, point 78, qui reprend l'arrêt Sturgeon, point 63 : retard inférieur à 4 heures sur un vol de plus de 3 500 km).
  • Paris-Abidjan, compagnie européenne, vol annulé la veille sans solution : le CE 261 peut s'appliquer (250, 400 ou 600 € selon la distance, sauf circonstance extraordinaire prouvée par la compagnie). Les trajets Paris-Abidjan dépassent 3 500 km.
  • Paris-Conakry, compagnie locale : le CE 261 ne s'applique pas au départ de Conakry pour un transporteur non européen. Reste la Convention de Varsovie (la Guinée n'a pas ratifié Montréal), donc un remboursement de frais prouvés avec des plafonds bas. Avec Air France sur la même ligne, Montréal s'applique.
Trajet Compagnie Texte principal Indemnité possible
Paris → Dakar Air France CE 261 600 € si retard à l'arrivée d'au moins 4 h (300 € entre 3 et 4 h)
Dakar → Paris Air France CE 261 600 € si retard à l'arrivée d'au moins 4 h (300 € entre 3 et 4 h)
Dakar → Paris Compagnie non européenne UEMOA + Montréal Assistance, puis frais prouvés
Abidjan → Paris Air France CE 261 600 € si retard à l'arrivée d'au moins 4 h (300 € entre 3 et 4 h)
Abidjan → Paris Compagnie non européenne UEMOA + Montréal Assistance, puis frais prouvés
Lagos → Paris Compagnie européenne CE 261 600 € si retard à l'arrivée d'au moins 4 h (300 € entre 3 et 4 h)
Lagos → Paris Compagnie nigériane NCAA + Montréal Pourcentage du billet selon la perturbation, ou frais prouvés

Dans tous les cas, c'est le retard à l'arrivée à la destination finale qui compte pour l'indemnité (à ne pas confondre avec le retard au départ, qui déclenche l'assistance). Pour un vol de 1 500 à 3 500 km, le seuil est de 3 heures d'arrivée. Ces exemples sont indicatifs : chaque dossier est examiné vol par vol.

Le tableau d'ensemble

Zone de départ Texte Type de droit Montant Toutes compagnies ?
Union européenne (Paris, Bruxelles, Lisbonne...) Règlement CE 261/2004 Forfait 250, 400 ou 600 € selon la distance Oui
Afrique vers l'Union européenne CE 261/2004 Forfait 250, 400 ou 600 € Non, compagnies européennes uniquement
Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo Règlement UEMOA n° 03/2003 Forfait pour refus d'embarquement ; assistance pour retard ; indemnisation selon les cas pour annulation De 100 000 à 800 000 FCFA (environ 152 à 1 220 €), pas pour un simple retard Oui
Ghana Directives GCAA (2019), partie 2 Forfait (refus d'embarquement, annulation selon préavis) 200, 400 ou 600 $ à l'international (60 $ en domestique) Oui
Nigeria NCAA Part 19 Pourcentage du billet pour une annulation ; assistance pour un retard 25 % (domestique) ou 30 % (international) du billet, sous conditions de préavis Oui
Pays parties à Montréal Convention de Montréal (1999) Préjudice prouvé Frais réels, plafond 6 303 DTS Oui
Pays restés sous Varsovie (Algérie, Guinée-Conakry, Mauritanie, Libye, Malawi, Liberia, Comores, Lesotho) Convention de Varsovie (1929) Préjudice prouvé Frais réels, plafonds bien plus bas (francs-or) Oui, sauf compagnie européenne (voir ci-dessous)

Appartenir à l'UEMOA et avoir ratifié une convention aérienne internationale sont deux choses distinctes : la Guinée-Bissau, par exemple, est membre de l'UEMOA (le règlement UEMOA peut donc s'appliquer à ses départs) mais n'est partie ni à Montréal ni à Varsovie.

Aucun de ces régimes ne s'applique aux trajets du Maroc, hors du périmètre de cette analyse.

Forfait ou préjudice prouvé : ce que cela change

Le forfait est un montant que le texte fixe. Le passager n'a rien à justifier : il suffit que le vol entre dans le cas visé (retard important, annulation, refus d'embarquement) et que la compagnie ne prouve pas une circonstance extraordinaire. C'est le cas du CE 261, du règlement UEMOA et du barème GCAA au Ghana.

Le préjudice prouvé répare le dommage réellement subi, que le passager doit pouvoir justifier : les frais supplémentaires (hôtel, repas, transport) en sont l'exemple le plus courant, d'autres dommages peuvent être invoqués selon les circonstances. C'est la logique de la Convention de Montréal (article 19). Depuis le 28 décembre 2024, sa limite pour un retard est de 6 303 DTS par passager, après révision par l'OACI (voir l'analyse de Clyde & Co). Il concerne les dommages résultant d'un retard, sur justificatifs. C'est un plafond, pas un forfait : il ne garantit aucun remboursement automatique, et sans facture d'hôtel, de repas ou de transport, il n'y a rien à rembourser. Le détail est dans Convention de Montréal : se faire rembourser un retard prouvé.

Conséquence pratique : sur un vol Paris-Dakar avec une compagnie européenne, un retard à l'arrivée de 4 heures ou plus peut ouvrir 600 € sans aucune facture (300 € entre 3 et 4 heures). Sur le même trajet avec une compagnie non européenne, le CE 261 ne s'applique pas au départ de Dakar, et il ne reste que le règlement UEMOA (assistance pour retard) ou la Convention de Montréal sur justificatifs.

Zone par zone

Europe, au départ ou à destination

Le CE 261/2004 fixe 250 € (jusqu'à 1 500 km), 400 € (1 500 à 3 500 km) ou 600 € (plus de 3 500 km). Paris-Dakar, Paris-Abidjan et Paris-Lagos dépassent 3 500 km : 600 €. Le retard ouvre droit à indemnité à partir de 3 heures de retard à l'arrivée à destination finale, et pour les trajets de plus de 3 500 km le montant est réduit de moitié si le retard est inférieur à 4 heures. L'annulation et le refus d'embarquement ont leurs propres règles, avec en plus l'assistance, le remboursement ou le réacheminement. Aucune indemnité n'est due si la compagnie prouve une circonstance extraordinaire qu'elle ne pouvait pas éviter. Au départ d'Europe, toute compagnie est concernée. Au départ d'Afrique, le règlement ne s'applique en principe qu'à un transporteur effectif européen, et pas si le passager a déjà été indemnisé ou assisté dans le pays tiers : le tableau complet est dans Compagnies UE et non-UE, le tableau complet.

Afrique de l'Ouest francophone (UEMOA)

Le règlement n° 03/2003 couvre les vols au départ de huit États, quelle que soit la compagnie. Le barème de l'article 4 est de 100 000 FCFA en classe économique et 200 000 FCFA en affaires jusqu'à 2 500 km, 400 000 et 800 000 FCFA au-delà. Au taux fixe de 655,957 FCFA pour 1 €, cela représente environ 152 €, 305 €, 610 € et 1 220 €. Ces montants peuvent être réduits de moitié en cas de réacheminement rapide et restent plafonnés au prix du billet. Pour un retard, le texte prévoit surtout une assistance. Détail complet : Règlement UEMOA n° 03/2003.

Ghana

Les directives économiques de la GCAA (juin 2019, partie 2, articles 2.5 et 2.7) prévoient au moins 60 $ en vol domestique et, à l'international, 200 $ (jusqu'à 1 500 km), 400 $ (de 1 500 à 3 500 km) ou 600 $ (au-delà de 3 500 km), pour un refus d'embarquement ou une annulation, payés en cedis au taux bancaire officiel. Pour une annulation, aucune indemnité n'est due si le passager est prévenu au moins deux semaines avant le départ, ou entre deux semaines et sept jours avec un réacheminement proche de l'horaire initial, ou moins de sept jours avant avec un réacheminement arrivant moins de deux heures après l'heure prévue, ni si la compagnie prouve une circonstance extraordinaire. Pour un retard, les directives ne prévoient que de l'assistance. Ces directives datent de 2019 et la GCAA a publié un projet de nouvelles directives : vérifiez la version en vigueur auprès de la GCAA. Voir aussi Ghana : indemnisation vol et droits des passagers.

Nigeria

La NCAA Part 19 raisonne en pourcentage du billet : au moins 25 % en domestique, 30 % à l'international. D'après la FAQ publiée par la NCAA, l'annulation ouvre droit à 25 % du prix du billet en vol domestique, sauf si le passager a été prévenu au moins 24 heures avant, et à 30 % en vol international, sauf préavis de 7 jours (avec réacheminement possible entre 3 et 7 jours de préavis). Pour un retard, la FAQ prévoit surtout de l'assistance (rafraîchissements, repas, hébergement selon la durée) et, en vol domestique, le remboursement du billet au-delà de 3 heures. Le montant dépend du prix payé, pas de la distance : Nigeria, NCAA Part 19 et CE 261.

Pays restés sous la Convention de Varsovie

La Convention de Varsovie (1929) est l'ancêtre de Montréal, et elle survit dans les États qui n'ont jamais ratifié Montréal : l'Algérie, la Guinée (Conakry), la Mauritanie, la Libye, le Malawi, le Liberia, les Comores et le Lesotho. Sept autres pays ne sont parties à aucune des deux conventions : Djibouti, le Burundi, la Guinée-Bissau, la Somalie, l'Érythrée, le Soudan du Sud et Sao Tomé-et-Principe. La logique est la même que Montréal (préjudice prouvé, sur justificatifs), mais les plafonds sont bien plus bas et les délais de réclamation plus courts, notamment pour les bagages.

Une règle change tout : une compagnie européenne applique les règles de responsabilité de Montréal à tous ses vols, même vers un pays qui n'a jamais ratifié la convention (règlement CE 2027/97 modifié), pour les dommages qui entrent dans le champ de la convention. Sur un même Paris-Conakry, Air France reste donc sous Montréal, alors qu'une compagnie locale bascule sous Varsovie. Le détail est dans Montréal, Varsovie ou CE 261 : quel texte protège votre vol.

Afrique centrale, de l'Est et australe

Pour ces zones, Robin des Airs n'affirme aucune indemnité forfaitaire sans texte vérifié. Reste la Convention de Montréal (ou de Varsovie selon le pays) pour les frais réels, et le CE 261 si le vol est opéré par une compagnie européenne ou part d'Europe.

Des droits existent : pourquoi si peu de passagers les font valoir ?

Les données disponibles viennent d'Europe, pas d'Afrique : aucune étude comparable n'existe, à notre connaissance, pour les trajets subsahariens. Elles donnent néanmoins l'ordre de grandeur du problème, et il est le même pour un passager de Paris ou de Dakar : le droit existe, mais peu le font valoir.

Ce que mesurent les études Chiffre Source
Passagers perturbés qui ne portent pas réclamation 72 % Eurobaromètre 485, repris dans l'étude d'impact de la Commission européenne (2024), sondage déclaratif
Passagers éligibles qui ont obtenu leur indemnité 38 % Étude Steer pour la Commission européenne (données 2018)
Passagers qui ne s'estiment pas informés de leurs droits 61 % Cour des comptes européenne, rapport spécial 30/2018
Droits correctement identifiés face à un cas concret de retard de 5 h 2 sur 5 Cour des comptes européenne, même rapport

Parmi ceux qui ne réclament pas, les motifs déclarés sont : « ça ne sert à rien » (45 %), « la procédure est trop lourde » (16 %) et « je ne sais pas où me plaindre » (9 %). Trois obstacles reviennent donc :

  1. On ne sait pas qu'on a un droit. Même ceux qui se sentent informés n'identifient que deux droits sur cinq face à un cas réel.
  2. On pense que ça ne marchera pas. C'est la première raison citée, et elle s'appuie sur une expérience réelle : l'absence de relance peut compliquer le recouvrement.
  3. La procédure paraît lourde. Il faut identifier le bon texte, réunir les pièces et relancer, parfois dans une autre langue ou un autre pays.

Et en Afrique ?

Aucune étude ne mesure, à notre connaissance, la part de passagers africains qui connaissent leurs droits ou qui réclament. Cinq éléments existent, avec leurs limites.

  • Une enquête du COMESA (Commission de la concurrence du marché commun de l'Afrique orientale et australe), publiée en octobre 2025 d'après l'Agence Ecofin (12 mars 2026) : sur 141 consommateurs et 350 réclamations, 71,6 % des passagers disent n'avoir reçu aucune compensation, et 31,7 % signalent des retards. Elle concerne l'Afrique orientale et australe, pas l'Afrique de l'Ouest ; l'article ne précise ni qui a réalisé le terrain, ni sur quelle base (consommateurs ou réclamations) est calculé le pourcentage.

  • Un constat qualitatif de l'Agence Ecofin : méconnaissance des droits par une partie des voyageurs, cadres réglementaires disparates, recours peu lisibles, passagers souvent tributaires des conditions générales de transport. Ce n'est pas une mesure chiffrée.

  • Un recensement de l'OACI, de 2018 : dans un document de travail du Conseil (C-WP/14804, révision 1, 13 septembre 2018, paragraphe 3.1), l'organisation comptait plus de 60 États dotés d'une réglementation de protection des consommateurs propre à l'aérien, dont six en Afrique : l'Angola, le Cabo Verde, l'Égypte, le Ghana, la Mauritanie et le Nigeria. Ce chiffre est ancien et ne compte que des réglementations nationales : il n'inclut pas un texte régional comme le règlement UEMOA. Il donne l'ordre de grandeur, pas l'état actuel du droit.

  • Un cadre continental peu appliqué. L'Annexe 6 de la Décision de Yamoussoukro (règlement sur la protection des consommateurs du transport aérien) a été adoptée à Lomé le 17 mars 2017 et couvre retards, annulations et refus d'embarquement. Selon l'Agence Ecofin, son application reste limitée près de dix ans après, et dans de nombreux États les passagers dépendent surtout des conditions de transport des compagnies. Nous n'en détaillons pas les montants, que nous n'avons pas pu vérifier sur le texte.

  • Un modèle de règlement continental, avec les montants laissés en blanc. Le « Modèle de réglementation économique du transport aérien pour les États africains », publié en 2024 par la Commission africaine de l'aviation civile (AFCAC), consacre son chapitre 10 à la protection des consommateurs : information, procédure de réclamation, surréservation, retards, annulations, remboursement, réacheminement et droit à indemnisation. Mais, dans le texte-modèle, les montants d'indemnisation et les seuils de durée sont laissés en blanc (« xxx »), à charge de chaque État de les fixer. C'est un indice du chemin qui reste à parcourir : le cadre est proposé, pas encore chiffré. Le modèle décrit aussi la procédure de plainte que chaque État pourrait adopter : un responsable de la protection des consommateurs dans chaque aéroport, une plainte à l'autorité possible seulement après avoir informé la compagnie sans que le problème soit réglé, avec le billet, la lettre à la compagnie et sa réponse, un recours collectif possible, une décision notifiée sous 14 jours et des sanctions « dissuasives » contre les compagnies fautives.

  • Un régulateur qui publie ses chiffres : le Nigeria. L'autorité nigériane (NCAA) indique avoir atteint un taux de résolution des plaintes de passagers de 65 % en 2025, soit 10 points de plus que l'année précédente, avec un objectif de 90 % fin 2026 (ThisDay). Entre avril et juin 2025, les compagnies nationales ont remboursé plus de 1,03 milliard de nairas à 5 285 passagers (Arise). Ces chiffres portent sur des remboursements de billets et des plaintes traitées, pas sur des indemnités forfaitaires, et le nombre total de plaintes reçues n'est pas publié : ils montrent qu'un recours existe et fonctionne en partie, sans mesurer ceux qui n'y recourent pas.

À partir de ce que montre cet article, trois freins propres aux trajets Afrique-Europe paraissent plausibles. Ce sont des analyses de Robin des Airs, pas des résultats d'étude :

  1. Le bon texte est difficile à trouver. Selon le lieu de départ, la compagnie et le pays, c'est le CE 261, un règlement UEMOA, un barème national, Montréal ou Varsovie. Peu de passagers savent lequel les concerne, donc beaucoup ne savent pas qu'un forfait existe.
  2. Le recours est à l'autre bout du monde. Un passager qui rentre à Dakar après un vol retardé doit réclamer auprès d'une compagnie basée ailleurs, parfois dans une autre langue, avec une procédure pensée pour un autre pays. Dans l'affaire de Niamey citée plus haut, la compagnie n'avait même pas comparu.
  3. Les pièces disparaissent. Une carte d'embarquement perdue ou effacée de l'application, et la preuve du retard devient plus difficile à établir. Le réflexe utile : faire une capture d'écran de la carte et conserver billet et notifications de retard.

Ce constat est la raison d'être des trois chemins présentés plus bas : réclamer seul, passer par un médiateur, ou confier le dossier à un service. Ces chiffres ne disent pas lequel est le meilleur pour votre dossier. Et ils ne permettent pas de mesurer la part des passagers africains qui entreprennent une démarche.

Ce qu'il reste après les frais

Une indemnité n'a de valeur que par ce qui arrive sur votre compte. Trois chemins existent, et les trois sont présentés d'emblée.

1. Réclamer seul. C'est gratuit et vous gardez 100 % du montant. Mais le suivi demande du temps. L'étude réalisée pour la Commission européenne (Steer, 2020, données 2018) indique que 38 % des passagers éligibles ont obtenu leur indemnité : 62 % n'ont pas perçu ce qui leur était dû, qu'ils n'aient rien demandé ou qu'ils aient demandé sans être payés. Ce chiffre porte sur le règlement européen et sur 2018 : il ne mesure pas la probabilité de succès d'une réclamation aujourd'hui, ni en Afrique.

2. Passer par un médiateur. En France, le recours à un médiateur de la consommation est gratuit pour le consommateur. Le délai est plus long qu'une réponse directe de la compagnie, et la décision n'est pas toujours contraignante.

3. Passer par un service spécialisé. Robin des Airs rachète la créance (cession) et se charge du recouvrement, sans frais d'avance. Le passager reçoit 75 % du montant recouvré en phase amiable, et 15 points de moins si le dossier va jusqu'au tribunal, frais de procédure inclus. Si rien n'est récupéré, il ne doit rien.

Ce que signifie la cession. En passant par Robin des Airs, le passager cède à la société sa créance contre la compagnie pour ce vol précis, au moment où il signe. La société agit ensuite en son nom propre, et le passager ne peut plus réclamer lui-même ce même vol. La part qui lui revient (75 %, ou 60 % au tribunal) est calculée sur le montant effectivement recouvré, frais de procédure inclus. « Sans frais d'avance » veut dire qu'il ne paie rien à aucun moment, et qu'il ne doit rien si rien n'est récupéré. Robin des Airs n'annonce pas de durée : le délai dépend de la compagnie et de la phase (amiable ou tribunal).

Indemnité obtenue Réclamation seul Service, phase amiable (75 %) Service, jusqu'au tribunal (60 %)
250 € 250 € 187,50 € 150 €
400 € 400 € 300 € 240 €
600 € 600 € 450 € 360 €

Ce tableau compare des montants nets si l'indemnité est obtenue. Il ne dit pas laquelle des trois voies a le plus de chances d'aboutir pour votre dossier.

Et si l'on va soi-même au tribunal ?

Dans l'Union européenne, la procédure européenne de règlement des petits litiges est ouverte jusqu'à 5 000 € pour un litige transfrontalier, sans avocat obligatoire, et la partie perdante supporte en principe les frais (source : portail e-Justice). Les frais de greffe varient selon le pays et ne sont pas chiffrés ici : le formulaire et la marche à suivre sont dans Formulaire de petite créance européenne.

Côté UEMOA, les frais de justice varient selon l'État et ne sont pas publiés de façon uniforme, Robin des Airs ne les chiffre donc pas. Un exemple de décision, vérifié sur le texte du jugement : à Niamey, le tribunal a condamné une compagnie, absente à l'audience, à verser à chaque passager 100 000 FCFA de compensation, 50 000 FCFA de restauration, 25 000 FCFA de communication et 300 000 FCFA de dommages-intérêts, soit 475 000 FCFA (environ 724 €) par personne. L'exécution reste une autre étape, sous astreinte de 50 000 FCFA par jour de retard.

Sources et textes de référence

À retenir

  • Le forfait (CE 261, UEMOA, Ghana) se réclame sans justificatif de dépenses, mais sous conditions (retard à l'arrivée, absence de circonstance extraordinaire) ; la Convention de Montréal exige des preuves de dépenses.
  • Au départ d'Afrique, la compagnie décide : une compagnie européenne ouvre le CE 261, toute compagnie ouvre l'UEMOA depuis les huit États concernés.
  • Le gain net dépend du chemin choisi : 100 % seul, 75 % en amiable avec un service, 60 % si le dossier va au tribunal, sans aucune avance dans ce dernier cas.
  • Le délai pour agir varie selon le texte : voir le délai de prescription par pays.

Comment nous vérifions votre dossier

Robin des Airs identifie d'abord le texte applicable à chaque situation, puis calcule le montant selon le trajet, la distance et la compagnie. Si un droit existe, le service rachète la créance et se charge du recouvrement, sans frais d'avance.

Information générale, non personnalisée. Les montants sont indicatifs et peuvent évoluer : vérifiez la version en vigueur de chaque texte avant toute démarche.

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Questions fréquentes

Quel texte s'applique à mon vol entre l'Afrique et l'Europe ?
Cela dépend du lieu de départ et de la compagnie. Au départ d'un aéroport de l'Union européenne, le règlement CE 261/2004 s'applique quelle que soit la compagnie. Au départ d'Afrique vers l'Europe, il ne s'applique en principe que si le transporteur effectif est une compagnie européenne, et pas si le passager a déjà reçu une indemnisation ou une assistance dans le pays tiers. Au départ d'un des huit États de l'UEMOA, le règlement UEMOA n° 03/2003 peut aussi s'appliquer, quelle que soit la compagnie. Dans les autres cas, selon les États concernés, la Convention de Montréal (ou de Varsovie) peut s'appliquer.
Quelle est la différence entre une indemnité forfaitaire et un préjudice prouvé ?
Une indemnité forfaitaire (CE 261, UEMOA, barème GCAA au Ghana) est un montant fixé par le texte, dû sans avoir à prouver une dépense. Un préjudice prouvé (Convention de Montréal) répare les pertes réelles que le passager peut justifier : hôtel, repas, transport, rendez-vous manqué.
Combien reste-t-il d'une indemnité de 600 € après les frais ?
Avec Robin des Airs, le passager reçoit 75 % du montant recouvré en phase amiable (450 € sur 600 €), et 15 points de moins si le dossier va jusqu'au tribunal (360 €). Il n'avance aucun frais : si rien n'est récupéré, il ne doit rien. Réclamer seul est gratuit mais demande du temps et de la méthode.
Peut-on cumuler le règlement UEMOA et le CE 261 ?
Les deux textes peuvent s'appliquer au même vol, chacun avec son propre critère de départ. Ce qui a déjà été versé sur l'un peut être pris en compte sur l'autre. Le cas se vérifie vol par vol avant d'annoncer un montant.
La Convention de Varsovie s'applique-t-elle encore ?
Oui, dans les pays qui n'ont jamais ratifié la Convention de Montréal : l'Algérie, la Guinée (Conakry), la Mauritanie, la Libye, le Malawi, le Liberia, les Comores et le Lesotho relèvent encore de Varsovie (1929). Même logique de préjudice prouvé, mais des plafonds bien plus bas et des délais de réclamation plus courts. Une compagnie européenne applique toutefois Montréal sur tous ses vols, quelle que soit la route.
Le Maroc est-il concerné ?
Les vols entre le Maroc et l'Europe ne font pas partie du périmètre de cette analyse. Les montants et règles décrits ici portent sur l'Afrique subsaharienne et l'Europe.

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