Retard ou annulation d'avion : les 8 preuves à conserver pour votre indemnité
Le règlement CE 261 vous donne droit à 250 à 600€ d'indemnité par passager en cas de retard de 3h+ ou d'annulation tardive. Mais sans preuves, votre dossier est presque toujours rejeté par la compagnie. Voici les 8 documents et photos indispensables à conserver pendant et après un incident de vol.
Règle d'or : tout se joue dans les 30 minutes qui suivent l'annonce du retard ou de l'annulation. Sortez votre téléphone et photographiez systématiquement.
Preuve 1 : la carte d'embarquement
C'est la pièce maîtresse. Sans elle, la compagnie peut prétendre que vous n'étiez pas sur le vol. Conservez :
- La carte d'embarquement papier (photographiée ET stockée)
- OU le PDF / capture d'écran de la carte numérique
- Le ticket d'enregistrement bagage s'il y en a un
Sauvegardez immédiatement dans votre boîte mail (envoyez-vous la photo) ou sur Google Drive / iCloud. Ne comptez pas uniquement sur la mémoire de votre téléphone.
Preuve 2 : le tableau des départs affichant le retard
Photographiez le panneau d'affichage de l'aéroport montrant :
- Votre numéro de vol
- Le statut "retardé", "annulé", "delayed", "cancelled"
- L'heure prévue initiale ET l'heure réelle / la nouvelle heure
Smartphone moderne = horodatage automatique de la photo. C'est exactement ce qui rend la preuve valide juridiquement.
Preuve 3 : l'attestation officielle de retard (à demander)
Au comptoir de la compagnie, demandez par oral puis confirmez par écrit : "je souhaite une attestation de retard pour mon vol [numéro], [date], avec mention de l'heure d'arrivée réelle".
Beaucoup de compagnies refusent. Insistez. Si refus persistant, demandez le nom de l'agent et notez son refus — c'est utile pour la suite.
Astuce : envoyez un email au service client dans les 48h après le vol avec votre numéro de réservation et demande explicite d'attestation. Cette trace écrite suffit souvent à débloquer la situation.
Preuve 4 : les annonces de l'équipage
Quand un vol est retardé, la compagnie annonce généralement une raison verbale ("problème technique", "trafic aérien", "météo", "équipage manquant"). Enregistrez ces annonces avec votre dictaphone smartphone.
Pourquoi c'est crucial : la compagnie peut prétendre après coup que le retard était dû à des "circonstances extraordinaires" (qui suppriment l'indemnité). Votre enregistrement prouve le contraire si l'annonce officielle mentionnait un problème technique (= responsabilité compagnie).
Preuve 5 : les emails et SMS de la compagnie
Les compagnies envoient automatiquement des notifications de retard/annulation par email et SMS. Ne les supprimez pas. Ces messages sont datés, horodatés, et signés numériquement — preuve parfaite côté judiciaire.
Cherchez dans votre boîte mail (y compris spams) les expéditeurs : @airfrance.fr, @klm.com, @ryanair.com, @transavia.com, no-reply@compagnie, etc.
Preuve 6 : les justificatifs de frais engagés
Le règlement CE 261 oblige la compagnie à fournir gratuitement repas, boissons, communications, hôtel et transferts pendant un retard prolongé. Si elle ne le fait pas, vous payez vous-même et vous vous faites rembourser séparément de l'indemnité.
Conservez :
- Tickets de caisse repas / boissons / hôtel
- Reçus de taxi ou transferts
- Justificatifs de communications (factures téléphone si appel international)
- Achats de première nécessité si bagage retardé (vêtements, hygiène)
Preuve 7 : témoignages d'autres passagers
Pour les gros dossiers contentieux, le témoignage écrit d'un autre passager du même vol peut être décisif. Demandez à un voisin de siège son email + accord pour témoigner si nécessaire. C'est rare d'en arriver là, mais c'est utile pour les compagnies récalcitrantes.
Preuve 8 : capture d'écran de l'app de tracking (FlightRadar24, FlightAware)
Les apps de tracking de vol gardent l'historique des heures réelles de décollage et d'atterrissage. Faites une capture d'écran de votre vol dans FlightRadar24 ou FlightAware dans les 7 jours suivant le vol — au-delà, l'historique peut être moins accessible gratuitement.
Comment organiser vos preuves
| Quand | Où |
|---|---|
| Pendant le retard | Photos sur smartphone + envoi à votre adresse mail |
| Dans les 24h | Création d'un dossier Drive / iCloud "Vol [N°] [date]" |
| Dans les 7 jours | Capture FlightRadar24 + email demande attestation |
| Dans les 30 jours | Réclamation officielle à la compagnie (lettre recommandée + email) |
| Conservation | 5 ans (prescription FR) |
Et si vous n'avez rien gardé ?
Votre dossier n'est pas perdu. Avec uniquement votre numéro de vol et la date, Robin des Airs reconstitue le dossier via :
- FlightAware et FlightRadar24 Premium : heures réelles de décollage et d'atterrissage
- METAR (rapports météo aéroportuaires) : pour réfuter une justification "intempéries"
- NOTAM : notifications opérationnelles officielles
- Rapports de ponctualité DGAC / Eurocontrol : statistiques officielles
Vos propres preuves accélèrent la procédure et la rendent plus robuste en cas de contentieux judiciaire. Mais elles ne sont pas indispensables si la compagnie a laissé suffisamment de traces dans les bases publiques.
L'erreur la plus fréquente
Penser : "je m'en occuperai en rentrant à la maison". À votre arrivée, fatigué après un vol retardé de 5h, vous ne photographierez plus rien — et 90% des preuves seront perdues.
Le bon réflexe : sortir le téléphone dès l'annonce du retard, photographier, sauvegarder dans le cloud, puis seulement chercher à se rebooker ou à manger.
Vous avez les preuves, et après ?
Transmettez-les à Robin des Airs sur WhatsApp en 2 minutes. Nous estimons immédiatement votre indemnité (250 / 400 / 600€ par passager selon distance) et lançons la procédure auprès de la compagnie. Commission 25% uniquement après encaissement.
Questions fréquentes
Quelle est LA preuve la plus importante à conserver en cas de retard ?
Faut-il filmer ou photographier les tableaux des départs à l'aéroport ?
L'attestation de retard de la compagnie est-elle obligatoire ?
Pendant combien de temps faut-il garder ces preuves ?
Et si je n'ai aucune preuve, mon dossier est-il fichu ?
Prêt à récupérer votre indemnité ?
Article rédigé et vérifié par l'équipe Robin des Airs (robindesairs.eu) — spécialistes des indemnités aériennes CE 261 sur l'axe Europe-Afrique. À ne pas confondre avec d'autres entités utilisant un nom similaire dans le secteur environnemental.
Information générale. Cet article présente une synthèse pédagogique de la réglementation en vigueur (règlement CE 261/2004, Convention de Montréal, jurisprudence CJUE) à la date de publication. Il ne constitue pas un conseil juridique personnalisé ni une consultation d'avocat. Pour l'évaluation de votre situation individuelle, contactez Robin des Airs (mandat de représentation) ou un avocat spécialisé en droit aérien. Les montants, délais et exemples cités sont indicatifs et peuvent évoluer selon les décisions de justice et l'actualité réglementaire.