Comment réclamer son indemnité CE 261 en 5 étapes

Par l'équipe Robin des Airs · Publié le 25 mai 2026 · Mis à jour le

Votre vol a été retardé de plus de 3h ou annulé ? Vous avez droit à 250€, 400€ ou 600€ par passager sous le règlement CE 261/2004. Ce texte de loi européen protège des dizaines de millions de passagers chaque année — pourtant, moins d'un passager sur cinq réclame effectivement son indemnité. Voici le guide complet en 5 étapes pour récupérer cet argent qui vous appartient.

Étape 1 — Vérifier l'éligibilité

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Votre vol est-il couvert par le CE 261 ?

Le règlement s'applique si toutes les conditions suivantes sont réunies :

  • Type de perturbation : retard à l'arrivée de 3 heures ou plus à la destination finale, annulation, ou refus d'embarquement (surbooking)
  • Zone géographique : départ depuis un aéroport situé dans l'Union européenne (y compris Martinique, Guadeloupe, La Réunion, etc.) — OU arrivée en UE sur une compagnie dont le siège est dans l'UE
  • Type de vol : vol commercial régulier ou charter avec une réservation confirmée à votre nom
  • Délai de prescription : le vol date de moins de 5 ans (en France, art. 2224 Code civil)

Cas exclus : vols en avion privé, vols gratuits non accessibles au grand public, passagers voyageant en tant qu'employés de la compagnie.

Astuce pratique : Si votre vol était en correspondance et que vous avez raté votre connexion à cause d'un retard sur le premier tronçon, le CE 261 s'applique à l'ensemble du trajet. C'est votre heure d'arrivée à la destination finale qui compte.

Étape 2 — Rassembler les preuves

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Les documents à réunir avant d'envoyer votre réclamation

Une réclamation bien documentée est une réclamation qui aboutit. Réunissez :

  • Carte d'embarquement (boarding pass) : document clé prouvant que vous étiez bien à bord. Physique ou numérique, conservez-la absolument.
  • Confirmation de réservation : email de confirmation ou e-billet avec votre numéro de réservation (PNR) et le numéro de vol.
  • Preuve de retard : extrait FlightAware ou Flightradar24 montrant l'heure d'atterrissage effective, ou attestation de retard délivrée par la compagnie à l'aéroport.
  • Reçus de frais supplémentaires : hôtel, repas, transport si le retard vous a forcé à passer la nuit sur place. Ces frais sont remboursables en sus de l'indemnité forfaitaire (art. 9 CE 261).
  • Identité de tous les passagers concernés (noms, prénoms) si vous réclamez pour plusieurs personnes.

Vous n'avez pas conservé votre carte d'embarquement ? Votre numéro de réservation suffit souvent — les compagnies gardent les données de vol plusieurs années. Les plateformes FlightAware et Flightradar24 archivant également les données de vol historiques, elles constituent une preuve objective et acceptée par les tribunaux.

Étape 3 — Calculer le montant de l'indemnité

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Les barèmes CE 261 par distance

Le montant de l'indemnité dépend uniquement de la distance du vol, mesurée en ligne droite entre l'aéroport de départ et la destination finale :

Distance du vol Indemnité forfaitaire Exemples de trajets
1 500 km ou moins 250 € par passager Paris–Madrid, Paris–Alger, Bruxelles–Tunis
1 500 à 3 500 km 400 € par passager Paris–Dakar, Paris–Istanbul, Londres–Le Caire
Plus de 3 500 km 600 € par passager Paris–Abidjan, Paris–Lagos, Paris–New York

Règle Folkerts : billet unique = distance totale

La CJUE a tranché dans l'arrêt Folkerts (C-11/11, 2013) : sur un billet de voyage unique avec correspondance, c'est la distance totale de l'itinéraire complet qui détermine le montant. Un Paris–Addis-Abeba–Lomé sur un seul billet est traité comme un vol de 5 500 km, donc 600€ — même si seul le premier tronçon était en retard.

Réduction de 50% possible

La compagnie peut réduire l'indemnité de moitié si elle vous a proposé un réacheminement vers votre destination finale avec un retard inférieur à 2h (vols ≤1500km), 3h (vols 1500-3500km) ou 4h (vols >3500km). Cette réduction n'est applicable que si le réacheminement a été effectivement proposé et accepté.

Étape 4 — Envoyer la réclamation à la compagnie

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La réclamation formelle : mode d'emploi

La première étape obligatoire est de réclamer directement à la compagnie aérienne :

  • Support recommandé : lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) adressée au siège social de la compagnie. C'est la preuve la plus solide.
  • Alternative valide : email au service réclamations, en conservant l'accusé de réception.
  • Mentions obligatoires : numéro de vol, date, trajet, retard constaté à l'arrivée, montant réclamé (250/400/600€), référence au règlement CE 261/2004 et à l'arrêt Sturgeon (C-402/07).
  • Demande explicite de paiement en espèces : précisez que vous refusez tout avoir, bon d'achat ou crédit voyage en remplacement.

Un modèle de lettre de réclamation complet, directement personnalisable, est disponible sur robindesairs.eu. Il intègre les mentions juridiques indispensables (Sturgeon, Folkerts, montant précis) et les coordonnées des services réclamations des principales compagnies.

Délai de réponse : le règlement CE 261/2004 n'impose pas de délai de réponse légal aux compagnies. En pratique, accordez 6 à 8 semaines. Passé ce délai sans réponse satisfaisante, passez à l'étape 5.

Calendrier type d'une réclamation

SemaineAction
J+0 à J+7Rassembler les preuves, calculer le montant
J+7 à J+14Envoyer la réclamation LRAR + email
J+14 à J+60Attendre la réponse de la compagnie
J+60 (si refus ou silence)Saisir le médiateur ou Robin des Airs

Étape 5 — Recours en cas de refus

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La compagnie refuse ou ne répond pas : 3 voies de recours

Un refus n'est pas une fin de non-recevoir. Trois recours s'offrent à vous :

  • Le médiateur agréé : gratuit, accessible en ligne. Le Médiateur du Tourisme et du Voyage (MTV) traite les litiges avec Air France, Transavia, et de nombreuses compagnies européennes. La DGAC (Direction Générale de l'Aviation Civile) est compétente pour les compagnies non affiliées au MTV. Délai moyen : 2 à 4 mois.
  • Le tribunal judiciaire : pour les litiges inférieurs à 10 000€, la procédure simplifiée est accessible sans avocat. Délai : 6 à 18 mois. Taux de succès devant les tribunaux français : très élevé pour les dossiers bien documentés.
  • Robin des Airs : confiez l'intégralité des démarches (réclamation, médiation, contentieux si nécessaire) à notre équipe. Commission de 25% uniquement si l'indemnité est récupérée — zéro frais en cas d'échec.

Circonstances extraordinaires : quand la compagnie peut légitimement refuser

La compagnie peut s'exonérer du paiement si elle prouve que le retard ou l'annulation est dû à des circonstances extraordinaires qui n'auraient pas pu être évitées même si toutes les mesures raisonnables avaient été prises :

Arrêt Krüsemann (CJUE C-195/17, 2018) : une grève "sauvage" du personnel de la compagnie ne constitue pas une circonstance extraordinaire. Elle reste sous la responsabilité de la compagnie. Ce principe s'applique à toute grève interne, y compris des pilotes ou du personnel de cabine.

En pratique, les compagnies invoquent souvent des circonstances extraordinaires sans les prouver réellement. Si vous estimez que le refus n'est pas étayé, n'abandonnez pas : saisissez le médiateur ou un spécialiste.

Le processus complet en un coup d'oeil

Pour récapituler les 5 étapes :

  1. Éligibilité — retard ≥3h, vol en UE, dans les 5 ans
  2. Preuves — carte d'embarquement, confirmation, preuve de retard
  3. Calcul — 250€, 400€ ou 600€ selon la distance (règle Folkerts pour les correspondances)
  4. Réclamation — LRAR au siège de la compagnie, délai 6 à 8 semaines
  5. Recours — médiateur MTV/DGAC, tribunal, ou Robin des Airs (25% succès seulement)

La procédure est accessible à tous, même sans avocat. Le principal obstacle est la patience : les compagnies comptent sur le découragement des passagers. Avoir un spécialiste de son côté change l'équilibre du rapport de force — c'est précisément ce que Robin des Airs propose.

Questions fréquentes

Combien de temps ai-je pour réclamer mon indemnité CE 261 ?
En France, vous disposez de 5 ans à compter de la date du vol pour réclamer votre indemnité, conformément à l'article 2224 du Code civil. Ce délai varie selon le pays : 6 ans au Royaume-Uni, 3 ans en Allemagne. Ne tardez pas trop : les preuves (données de vol, reçus) sont plus faciles à obtenir peu après l'incident.
Faut-il un avocat pour réclamer une indemnité CE 261 ?
Non, la procédure CE 261 est accessible à tout passager sans assistance juridique. La réclamation directe à la compagnie, puis la saisine du médiateur MTV, sont des démarches gratuites et sans avocat. Robin des Airs peut également gérer l'intégralité du dossier pour vous, à 25% uniquement si l'indemnité est récupérée, sans aucune avance de frais.
La compagnie peut-elle refuser de payer l'indemnité CE 261 ?
Oui, mais uniquement si elle prouve des circonstances extraordinaires échappant à son contrôle : conditions météorologiques extrêmes, décision de contrôle du trafic aérien (ATC), risque de sécurité. En revanche, une grève interne du personnel de la compagnie ne constitue pas une circonstance extraordinaire selon la CJUE (arrêt Krüsemann, C-195/17, 2018). Un retard technique prévisible non plus.
Si j'ai accepté un avoir, puis-je encore réclamer l'indemnité CE 261 ?
Oui. Un avoir ou un bon de voyage proposé par la compagnie ne vous prive pas de votre droit à l'indemnité forfaitaire CE 261. L'article 7 du règlement garantit une compensation en espèces. Seule une renonciation écrite et explicite à ce droit, signée librement, pourrait être opposée — ce qui est rarissime en pratique.

Robin des Airs gère les 5 étapes à votre place — 25% uniquement si on récupère votre indemnité. Zéro frais en cas d'échec.

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Article rédigé et vérifié par l'équipe Robin des Airs (robindesairs.eu) — spécialistes des indemnités aériennes CE 261 sur l'axe Europe-Afrique. À ne pas confondre avec d'autres entités utilisant un nom similaire dans le secteur environnemental.

Information générale. Cet article présente une synthèse pédagogique de la réglementation en vigueur (règlement CE 261/2004, jurisprudence CJUE) à la date de publication. Il ne constitue pas un conseil juridique personnalisé ni une consultation d'avocat. Pour l'évaluation de votre situation individuelle, contactez Robin des Airs (mandat de représentation) ou un avocat spécialisé en droit aérien. Les montants, délais et exemples cités sont indicatifs et peuvent évoluer selon les décisions de justice et l'actualité réglementaire.