La compagnie refuse de payer : pourquoi ce n'est presque jamais la fin

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Un refus n'éteint pas votre droit. On vérifie gratuitement votre dossier refusé, 0 € d'avance, et vous ne payez rien si on ne récupère rien.

« Circonstances extraordinaires. » « Votre demande a été examinée et rejetée. » Ou, le plus fréquent, rien du tout depuis trois mois.

C'est le moment où la grande majorité des passagers s'arrêtent. C'est aussi celui où ils ont le plus tort.

Ce que dit le seul chiffre qui compte

Selon la Cour des comptes européenne, parmi les refus fondés sur des circonstances extraordinaires que des passagers ont pris la peine de contester, les organismes nationaux de contrôle estiment qu'environ 60 % ne relevaient en réalité pas de circonstances extraordinaires. Source : rapport spécial n° 30/2018, § 35.

Autrement dit : la majorité de ces refus ne tiennent pas quand on les conteste. Encore faut-il les contester.

Étape 1 : exiger les trois preuves

Un refus qui invoque une circonstance extraordinaire n'a aucune valeur tant qu'il n'établit pas trois choses à la fois. Demandez-les par écrit, nommément :

Quel événement précis est survenu, et sur quel vol. « Aléa opérationnel » ou « contrainte technique » ne sont pas des événements, ce sont des formules.

En quoi cet événement a directement causé votre retard. Le lien doit être établi, pas supposé.

Quelles mesures elle a prises pour en limiter les conséquences, y compris les possibilités de réacheminement examinées, sur ses vols comme sur ceux d'autres compagnies.

La charge de la preuve pèse entièrement sur elle. Vous n'avez à prouver que votre retard, encore faut-il l'avoir documenté : voici ce qu'il faut conserver comme preuves de retard et comment obtenir l'attestation officielle de la compagnie. Une compagnie qui ne répond qu'au premier point, de façon vague, n'a pas fait le tiers de sa démonstration.

Étape 2 : vérifier vous-même

Deux contrôles sont à votre portée et ne coûtent rien.

Les relevés météo de l'aéroport. Les observations horaires, appelées METAR, sont publiques et archivées. Elles donnent la visibilité et les conditions réelles à l'heure de votre vol.

Les autres vols du même jour. C'est le test le plus parlant. Si d'autres appareils ont décollé ou atterri dans la même tranche horaire, la compagnie devra expliquer pourquoi le vôtre ne le pouvait pas.

Un rappel utile pour notre clientèle : la brume de sable en Afrique de l'Ouest est un phénomène saisonnier et connu. Une compagnie qui dessert la région en janvier doit l'avoir anticipé dans sa planification.

Étape 3 : la relance formelle

Un courrier de mise en demeure en recommandé au siège, reprenant les éléments du dossier, les trois preuves manquantes, et votre demande chiffrée.

Une précision qui évite une déception. Aucun texte n'impose de délai de réponse à une compagnie aérienne. La Commission européenne recommande deux mois, elle ne les impose pas. Fixer une date dans votre courrier sert donc à dater votre relance, pas à créer une obligation. Un silence n'est pas une infraction, mais il ne vous fait rien perdre non plus.

Étape 4 : la médiation

En France, le Médiateur du tourisme et du voyage. La saisine est gratuite pour vous, et la compagnie adhérente est tenue de participer.

Deux réalités à connaître avant de vous lancer. L'avis rendu ne s'impose pas juridiquement à la compagnie. Et le délai réel est long : en 2024, la médiation a mis 137 jours en moyenne, alors que la réglementation lui en accorde 90.

Comptez donc quatre à cinq mois, pour un avis qui fait pression sans contraindre. Le détail pratique : saisir le Médiateur Tourisme et Voyage, mode d'emploi, et ce que change la médiation dite « obligatoire » en 2026.

Étape 5 : signaler à l'autorité, sans illusion

La DGAC est l'organisme chargé de veiller à l'application du règlement en France. Elle peut sanctionner une compagnie.

Mais elle ne récupérera pas votre argent. Son action est indépendante du traitement des demandes individuelles, et elle n'a pas vocation à trancher votre litige. Signalez, parce que les signalements alimentent son action, mais ne comptez pas dessus pour être payé.

Étape 6 : le tribunal

C'est la seule voie qui aboutit à une décision exécutoire. Trois choses à savoir avant de vous y engager.

L'avocat n'est pas obligatoire en dessous de 10 000 €. Vous pouvez y aller seul, et la voie la plus accessible pour un montant de ce type est la procédure européenne de petite créance.

Mais une tentative de règlement amiable est obligatoire en dessous de 5 000 €, sous peine de voir votre demande déclarée irrecevable d'office.

Et c'est long. Une procédure au fond dure en moyenne 8,4 mois devant le tribunal judiciaire, tous contentieux confondus.

Mettez ces trois éléments bout à bout et vous comprendrez pourquoi peu de passagers vont au terme pour 600 €. Ce n'est pas une question de courage, c'est une question de proportion. Nous avons détaillé ce calcul ailleurs : réclamer seul ou passer par un service, la réponse honnête cas par cas.

Le cas des compagnies non européennes

Vérifiez d'abord que le règlement s'applique. Un vol au départ de l'Union est couvert quelle que soit la compagnie. Un vol vers l'Union depuis un pays tiers ne l'est que si le transporteur est européen.

Si votre vol n'entre pas dans ce cadre, ni l'indemnité ni la prise en charge ne sont dues au titre du règlement européen, et les recours décrits ici n'ont pas d'objet. D'autres textes peuvent jouer, comme la Convention de Montréal pour vos frais réels sur justificatifs, mais ce n'est plus le même terrain.

Combien de temps vous reste-t-il

Cinq ans en France à compter du vol, et un refus ne raccourcit pas ce délai. Vous pouvez donc confier un dossier refusé plusieurs années après.

Mais un an seulement en Belgique, ce qui surprend beaucoup de voyageurs partant de Bruxelles.

Agissez tôt malgré tout : les données que détient la compagnie ont des durées de conservation courtes, et un dossier ouvert tardivement se heurte à des pièces légalement détruites.

Ce que Robin des Airs fait pour vous

Nous reprenons les dossiers déjà refusés, et notre méthode tient en une phrase : on démonte les arguments de la compagnie un par un, puis on assigne si nécessaire.

Concrètement : nous exigeons par écrit les trois preuves qu'elle doit apporter, nous recoupons sa version avec les relevés météo et les autres vols du jour, nous relançons. Si elle persiste, nous assignons devant le tribunal de commerce, avec un avocat.

Nous ne passons pas par la médiation. Elle est facultative, son avis ne s'impose pas, et elle coûte plusieurs mois. Notre montage nous permet de nous en dispenser.

Une particularité de notre montage mérite d'être expliquée : nous rachetons votre créance plutôt que de vous représenter. Cela nous permet d'agir en notre nom et d'aller directement au contentieux, sans passer par la médiation. Vous n'avancez rien, et si rien n'est récupéré, vous ne payez rien.

Notre commission est de 25 % de ce qui est récupéré à l'amiable, 40 % si le dossier va au tribunal, frais de procédure inclus.

Questions fréquentes

La compagnie a refusé. Est-ce définitif ?
Presque jamais. Selon la Cour des comptes européenne, parmi les refus fondés sur des circonstances extraordinaires que des passagers ont contestés, les autorités nationales estiment qu'environ 60 % ne relevaient pas de circonstances extraordinaires. Un refus est une étape, pas une conclusion.
La compagnie ne répond pas. A-t-elle un délai légal ?
Non, et c'est l'idée fausse la plus répandue. Le règlement européen est muet sur ce point. La Commission recommande deux mois, elle ne les impose pas. Un silence prolongé n'est donc pas une infraction, mais il ne vous fait rien perdre non plus.
Que dois-je exiger précisément ?
Trois choses, car ce sont celles que la compagnie doit prouver : quel événement précis est survenu, en quoi il a directement causé votre retard, et quelles mesures elle a prises pour en limiter les conséquences. Un refus qui n'en établit aucune ne vaut rien.
La DGAC peut-elle obliger la compagnie à me payer ?
Non. Elle veille à l'application du règlement et peut sanctionner une compagnie, mais son action est indépendante du traitement des demandes individuelles. Elle ne récupérera pas votre argent.
Combien de temps prend une médiation ?
En 2024, la médiation du tourisme et du voyage a mis 137 jours en moyenne, alors que la réglementation lui accorde 90 jours. Comptez donc plutôt quatre à cinq mois.
Puis-je aller au tribunal sans avocat ?
Oui, l'avocat n'est pas obligatoire en dessous de 10 000 €. Mais sous 5 000 €, vous devez d'abord avoir tenté un règlement amiable, sous peine d'irrecevabilité. Et une procédure au fond dure en moyenne 8,4 mois.
Ai-je encore le droit de réclamer après un refus ?
Oui. En France, la prescription est de 5 ans à compter du vol, et un refus ne la raccourcit pas. Attention toutefois : en Belgique, le délai n'est que d'un an.

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